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A OCTAVE MIRBEAU


10, rue de Montchanin.
[1886.]

    Mon cher ami,
    Veux-tu venir déjeuner avec moi vendredi - et nous causerons.
    Je n'ai jamais dit de mal de toi. - Tout ce que j'ai pu faire, et je l'ai fait assurément, c'est de regretter vivement et sincèrement, comme je le fais encore, que tu n'emploies point à une besogne plus durable un talent très ardent et très réel.
    Au point de vue même de ce talent, j'ai dit et répété partout, en toute occasion que tu étais un des plus intéressants et des plus foncièrement doués des journalistes contemporains. La seule réserve que j'aie faite encore ne concernait que la mobilité de tes impressions.
    Maintenant si tu trouves quelqu'un qui ose me répéter une chose blessante quelconque dite par moi sur toi, je serais bien aise de le rencontrer. Mets au pied du mur les aimables camarades qui t'ont renseigné et tu verras quelles seront leur assurance et leur conduite.
    Je te serre cordialement la main.

GUY DE MAUPASSANT